La santé tire Emka vers le haut

Spécialisée dans la fabrication de composants électroniques, l’entreprise tire son épingle du jeu grâce au secteur de la santé et des purificateurs d’air.

On ne les voit pratiquement pas, pourtant ils sont indispensables dans tous appareils électroniques. Informatique, aéronautique, défense, transport, industrie, bâtiment, médical… Autant de secteurs auxquels touche Emka électronique, à Pruniers-en-Sologne. Ce sous-traitant de grands groupes industriels de pointe a retrouvé une vitesse de croisière après une année marquée par le Covid-19. « On a bien amorti le coup. Les résultats sont moins mauvais que ce qu’on craignait », glisse Patrick Marionneau, président-directeur général de l’entreprise.

« La tendance est au moins aussi forte pour cette année »

Au début de la crise, les choses étaient mal parties. Le secteur de l’aéronautique, qui représentait 20 % du chiffre d’affaires, s’est effondré avec la pandémie, divisant par 4 le chiffre de l’entreprise réalisé dans ce secteur. À cela s’ajoutent des difficultés dans le domaine de la lumière et signalisation. Face à cette chute d’activité, l’entreprise « a joué à fond la carte de la flexibilité. Les opérateurs du marché aéronautique sont allés sur d’autres secteurs ». Car pendant cette année de turbulence, tous les domaines n’ont pas été à la peine. En témoigne celui de la santé, qui a toujours le vent en poupe.

De 17 % du chiffre d’affaires (CA) en 2019 (soit 3 millions €), il est monté à 25 % du CA avec 4 millions d’euros en 2020. « Pour cette année, la tendance est au moins aussi forte », affirme le chef d’entreprise. Emka a notamment suivi la croissance de son donneur d’ordre Air liquide avec la production de cartes électroniques pour respirateurs artificiels ou pour distributeurs de gaz médicaux. Mais là où la demande a explosé, c’est sur les purificateurs d’air de l’entreprise Air in space. « Un marché qui reste stable » encore aujourd’hui et qui équipe de nombreux hôpitaux et cabinets dentaires.

Avec ce client, Emka ne se contente plus de la fabrication des cartes électroniques. « Ils nous ont proposé de fabriquer les désinfecteurs qui filtrent l’air et font chuter de 99 % les risques de contamination au Covid-19. On fait l’assemblage complet du produit. C’est un métier un peu différent de ce qu’on faisait mais on avait déjà la volonté d’assembler des produits complets », explique Patrick Marionneau. Aujourd’hui, l’entreprise qui emploie 130 salariés (85 à Pruniers-en-Sologne et 45 en Anjou) a renforcé son « appétence pour les dispositifs médicaux ».

Même si l’entreprise semble avoir tiré les marrons du feu, Patrick Marionneau reste prudent : « 2021 va être compliqué pour des raisons de chaîne d’approvisionnement ». Après des arrêts brutaux, difficile pour l’économie mondiale de rattraper le temps perdu : « Les délais sont passés de 12 semaines à 1 an sur certains composants ». Et si un seul composant vient à manquer sur une carte électronique, elle ne fonctionne pas. Ou comment un grain de sable peut gripper une machine.

A chaud

Bonne nouvelle pour Emka, l’entreprise a été retenue dans le cadre de l’appel à projet « France relance ». L’entreprise va être subventionnée par l’État pour la création d’un atelier spécialisé dans les équipements médicaux et pour numériser sa chaîne d’approvisionnement. « On travaillait sur ce projet avant la crise. C’était déjà dans les cartons », explique Patrick Marionneau, PDG d’Emka. L’entreprise va investir 1,6 million d’euros sur trois ans, dont 50 % seront subventionnés. Une aide qui permettra à terme de créer 40 emplois et d’être plus compétitif.

Article publié dans La Nouvelle République, 24/04/2021